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Dozulé Sulema Vassula
 
[417-418]
Marcel : (…) Mon petit Jésus, dans le ciel, est-ce que nos relations l'un avec l'autre resteront les mêmes que maintenant ?
Jésus : Oui, petit frère. N'est-ce pas intéressant ? Au ciel, nous nous aimerons comme maintenant, nous causerons aussi ensemble comme nous le faisons maintenant, et nous resterons toujours sur les genoux de Marie [418] comme maintenant... etc. Cependant il y aura une différence : nous n’aurons plus besoin de parler le langage de ce monde ; nous ne parlerons que le langage de l'amour qui sera alors compréhensible pour toi. Nous nous verrons l'un l'autre très clairement. Tout sera changé, tout sera rayonnant de clarté. Nous n'aurons plus qu'à demeurer là et à nous aimer l'un l'autre. Et ce qui viendra accroître encore notre bonheur, c’est que nous serons assis sur les genoux de Marie. Quelle joie ! Je ne craindrai plus alors de te voir triste.
Marcel : Mais, au ciel, est-ce que je pourrai encore appeler Thérèse du nom de sœur ?
Jésus : Oui, tu seras toujours considéré comme étant le petit frère de sœur Thérèse de l'Enfant-Jésus ; sa manière d'agir envers toi sur terre restera la même au ciel. Cependant, comme je te l'ai dit plus haut, tu entendras alors parler le langage de l'Amour et tu seras aimé de l'Amour même. Ce ne sera plus comme maintenant ; tu n'auras plus à parler le langage de ce monde. Une fois rendu au ciel, tu comprendras. Et si, en ce moment, j’employais le langage terrestre pour t'expliquer ces choses célestes, tu serais incapable de comprendre. Petit frère, sois content, n'est-ce pas ?


[482-483] Samedi Saint 20 avril 1946
Marcel : Le petit Jésus m’a dit hier que j’aurais encore à souffrir, mais que toi-même, ô Mère, tu souffrais encore davantage. Qu’est-ce que cela veut dire ? Je pensais, moi, que tu n’avais plus à souffrir.
Marie : Mon enfant, ce qu’a dit le petit Jésus est très juste. Voici comment : J’ai deux enfants qui, tous les deux, doivent souffrir ; c’est pourquoi, la douleur que j’éprouve en te voyant souffrir est double de la tienne. N’est-ce pas pour cette raison que les hommes m’appellent la Mère des Douleurs ? Oui, je suis vraiment la Mère des Douleurs, car tous mes vrais enfants ont à souffrir ; et si grand que soit le bonheur que je goûte, quand je vous vois souffrir, vous mes enfants, je ne puis m’empêcher d’en ressentir de la douleur, et cela, en qualité de Mère aimante... Oh ! mon enfant, j’éprouve de la douleur à te voir souffrir. Ce mot « douleur » est plus fort que le mot « souffrance », et je suis la seule à qui il convienne.


[485-486] Vendredi Saint 19 avril 1946
Jésus : Tu dois prier aujourd’hui pour les prêtres ; il faut te souvenir de ces prêtres qui se sont égarés loin de l’Amour, et qui marchent pieds nus dans la boue du péché...
Ô mon petit frère, reste aujourd’hui près de la croix, embrasse mes pieds et ne cesse de répéter :
« Ô Jésus je t’aime pour les prêtres qui ne t’aiment pas. Fais que ton Amour pénètre librement au plus intime du cœur des prêtres. Fais que les prêtres fervents soient remplis de zèle pour ton Amour.»


[558]
Jésus : Petit frère, accepte d’abord toutes les petites incommodités que je t’envoie et tu me feras plaisir, plus que par un jeûne qui durerait mille ans.


[590]
Marie : Mon enfant, écoute-moi d’abord un peu. Ton âme, elle aussi, est bien une chambre d’habitation ; et dans cette chambre, que de poussière et quel désordre… C’est moi qui dois balayer et tout mettre en ordre.


[602-603]
Marcel : Mais, petit Jésus, il y a un instant, pourquoi j'étais si mal à l'aise ? J'ai adoré le Saint Sacrement pendant une demi-heure seulement, et j'ai trouvé cela extrêmement long ; je n'avais envie que de revenir au plus tôt. Je ne comprends pas pourquoi cela. Par contre, au moment de revenir, je regrettais de ne m'être pas bien comporté envers toi. Je te prie de m'excuser, n'est-ce pas ? Pardonne-moi, et permets que mon cœur retourne avec toi en présence du Saint Sacrement, pour y demeurer et t'aimer sans cesse.
Jésus : Petit frère, pourquoi te troubler ? Penses-tu que je ne te comprends plus ? Tu as du faire un effort pour rester avec moi ; c'est là un sacrifice plus grand que si tu restais tout le jour agenouillé en ma présence.
Marcel : Alors, petit Jésus, est-ce que je t'aime encore ?
Jésus : Pourquoi pas ? Et pourquoi me poser cette question ? Assez, petit frère, reste en paix. Je suis toujours content de toi.
Marcel : Petit Jésus, je suis si triste, que je ne sais plus quoi dire.
Jésus : Tu sais au moins respirer et regarder ; alors, prends tes respirations et tes regards pour me les donner, n’est-ce pas là me parler ? Aurais-tu peur que je ne te comprenne pas ? Allons, je te comprends très bien.


[607]
Marcel : J'ai lu ce passage où elle dit : "La vertu de pauvreté doit non seulement renoncer à ses aises, mais encore accepter de manquer du nécessaire."
Jésus : Oui, Marcel, et c'est parce que je voulais te donner une leçon que je t'ai fait tomber sur ce passage. Si tu veux arriver à renoncer à tes aises dans la vie spirituelle, tu dois tout donner aux âmes, et alors tu posséderas le royaume des cieux, comme je te l'ai dit plus haut.
Mais pourquoi la vertu de pauvreté oblige-t-elle à manquer même du nécessaire ? Est-ce que tu comprends cela ? Parce que je veux que tu deviennes humble, je permets souvent que tu sois privé des joies intérieures... afin que tu constates ta réelle pauvreté. Cette connaissance de ta pauvreté t'inspirera de la compassion pour beaucoup d'autres âmes, et cette compassion pour les âmes te poussera naturellement à leur faire l'aumône de toutes tes faveurs spirituelles. C'est cela la vraie pauvreté. Dans ces moments où tu es privé des faveurs qui te sont nécessaires, si tu acceptes avec joie cette privation pour que les autres âmes puissent jouir de ces mêmes faveurs, c'est là la vraie pauvreté de cœur, la vraie pauvreté que j'ai moi-même pratiquée... Cela suffit, petit frère, l'heure est presque passée. Pour le reste, ta sœur Thérèse te l'a déjà enseigné. D'ailleurs, ce que je t'ai dit est suffisant, et même tu l'as déjà mis en pratique. C'est donc terminé.
Maintenant, il faut que tu ailles souper. Je te donne quelques baisers pour te faire plaisir. Ensuite, ferme ton cahier, bouche ton encrier, dépose ta plume et va. Ta page est terminée.


[610-611]
Marcel : [610] Petit Jésus, tu me dis de tout donner aux âmes ; dans ce cas, qui s'occupera de mon âme à moi ?
Jésus : Pourquoi te préoccuper, petit frère ? Tu t'es abandonné à moi, me laissant le soin de m'occuper de tout. Or, tu sais bien que je ne manque de rien et que tu obtiens tout ce que tu veux. Par contre, il y a encore beaucoup d'autres âmes qui ne savent pas s'abandonner à moi et qui, pour cette raison, restent toujours dans le besoin. Il faut donc que tu leur fasses l'aumône, afin qu'elles aient de quoi vivre. Mais qu'est-ce que tu leur donneras en aumône ? Mes mérites infinis ; ces mérites infinis que je t'ai donnés volontiers et sans réserve, et qui sont devenus ta propriété. Alors, possédant ce trésor infini, tu dois aussi faire l'aumône, pour nourrir les autres âmes qui ne connaissent pas encore ce trésor de mes mérites infinis. Tu dois donner aux âmes pauvres ces mérites infinis, tout comme je les ai donnés à toi-même. [611] Ces mérites infinis étant devenus ta propriété, tu as le pouvoir de t'en servir à volonté pour les distribuer aux âmes indigentes.
Toutes les âmes qui se sont consacrées à moi d'une façon particulière, toutes celles qui sont mes épouses privilégiées, doivent pratiquer la pauvreté de cette manière. C'est à cette condition qu'elles entreront en possession du royaume des cieux. Seules les âmes qui, à mon exemple, possèdent la vraie pauvreté de cœur, ont droit de se servir à volonté de mes mérites pour les distribuer aux âmes...


[635]
Thérèse : Allons petit frère, il est évident que tu dois haïr le péché, mais il n’est pas permis de haïr le pécheur.


[640-642]
Marcel : Petit Jésus, il y a un instant, j'étais bien fâché contre les choristes. Je venais de laver le plancher avec soin, et voilà qu'ils l'ont tout sali de nouveau. J'ai dû alors prendre beaucoup sur moi, mais il m'a échappé une parole dure à l'égard du Frère Mach. Je pense que cela lui a fait un peu de peine, car il n'y avait aucune joie [641] dans mes paroles. Je suis triste de n'avoir pas cueilli cette fleur pour l'offrir à Marie.
Jésus : Ah ! tu es triste ? Tu ne te rappelles donc pas que tu es très faible ? Assez, petit frère, ne t'attriste pas davantage. Si tu étais triste, Marie le serait sans doute encore davantage, car c'est à cause d'elle que tu serais dans cet état, pour n'avoir pas su cueillir une fleur à lui offrir. Offre-lui ta faiblesse avec joie, et ce sera mieux. Marie sait bien que tu es très faible, que tu n'as même pas la force de cueillir une fleur spirituelle. Aussi, elle acceptera ta faiblesse avec plus de joie qu'elle n'accepterait une belle fleur que tu pourrais lui offrir... (…)
Marcel : Mais, petit Jésus, j'ai fait aussi de la peine aux confrères ; quoi faire alors ?
Jésus : Tant mieux, petit frère, par là les confrères verront davantage que tu n'as aucune vertu, qu'un rien suffit à te faire perdre patience ; et du même coup tu leur révèles [642] ton extrême faiblesse. Ainsi, je ne serai pas le seul à connaître ta faiblesse, même les confrères la connaîtront aussi. Alors, quelle raison as-tu de te préoccuper ? Du fait que tu reconnais être faible, et que même les autres te considèrent comme tel, je t'aime doublement. Ainsi favorisé, que peux-tu vouloir de plus ? Ne t'attriste pas davantage, n'est-ce pas ? Offre cette faiblesse à Marie, ou bien laisse-moi la-lui offrir à ta place.


[648-651]
Marcel : Mais, petit Jésus, si les hommes continuent à pécher de propos délibéré, qu'arrivera-t-il ? Est-ce que tu leur donneras encore le paradis ?
Jésus : Petit frère, tu ne sais donc pas que je connais l'extrême faiblesse de l'homme. Même si les hommes m'offensent délibérément et aussi gravement que tu puisses le supposer, leur péché n'est rien,  en comparaison d'une ombre de l'Amour...  L'Amour est infini et infini,  dis-le bien aux hommes ; oui, infini et infini. Ayez confiance en moi, et jamais, éternellement jamais, vous ne serez séparés de moi. Même le démon doit désespérer d'une âme en qui se trouve encore le mot "confiance"...
Petit frère, voilà que l'heure est passée. Ris d'abord un peu avec moi, puis va travailler avec les confrères.
Marcel : Petit Jésus, je viens d'aller à la douche. Cela m'a beaucoup rafraîchi. Je ne comprends pas pourquoi [649] je me fatigue si facilement. J'ai plus envie de boire que de manger.
A propos, petit Jésus, j'ai une plume neuve. Je suis très content. Maintenant, je peux écrire vite et facilement...
Ah ! il y a une question que je veux te poser depuis longtemps, mais j'oublie toujours. Le docteur pour qui tu m'as demandé de prier, est-ce qu'il est sauvé ? Quand je serai au ciel, je vais lui raconter l'histoire de l'examen médical qu'il m'a fait chez lui.
Jésus :  Petit frère, tu es vraiment trop minutieux.  Pourquoi t'ai-je demandé de prier pour le docteur ? Cela était suffisant pour que tu comprennes. Il n'était pas nécessaire de te parler clairement et en détail de cette affaire.
Après la mort du docteur, je t'ai demandé de prier pour lui... S'il avait été damné, à quoi bon te demander de prier ? Petit frère, tu comprends, sans doute. Plus tard au ciel, on sera certainement très surpris de voir au rang des saints et des saintes un grand nombre d'âmes que l'on croyait damnées...
L'Amour aime infiniment, il est infiniment juste. C'est parce qu'il est infiniment juste, qu'il aime infiniment, et c'est parce qu'il aime infiniment qu'il est infiniment juste... Il suffit d'un simple regard de confiance jeté sur moi pour arracher les âmes pécheresses des griffes du démon. Même si une âme [650] se trouvait déjà à la porte de l'enfer, attendant son dernier soupir pour y tomber, si dans ce dernier soupir il y a le moindre degré de confiance en mon Amour infini, cela sera encore suffisant pour que mon Amour attire cette âme dans les bras de la Trinité ; c'est pourquoi je dis qu'il peut être très facile pour les hommes de monter au ciel, tandis qu'il peut leur être très difficile et même infiniment difficile de tomber en enfer ; car jamais l'Amour ne peut souffrir qu'une âme se perde si facilement.
Cependant,  petit frère,  ces paroles ne doivent pas être manifestées à toutes les âmes indistinctement ; il faut le faire avec prudence, de peur que certaines âmes, sachant cela, ne s'endurcissent dans le mal... pour ensuite perdre confiance en moi et n'avoir plus aucune confiance.
Marcel : Ainsi donc, petit Jésus, je suis certain que le docteur est sauvé. Mais malheureusement, personne n'a demandé de messes pour lui, personne n'a dit une seule messe pour qu'il soit promptement délivré du purgatoire, s'il a dû y aller.
Jésus : Qu'il y ait eu ou non des messes célébrées pour lui, tu n'as pas à t'en occuper. En ce moment, il n'y a qu'une chose dont il convient de t'occuper, c'est d'aller [651] te reposer. Tu es fatigué, repose-toi, n'est-ce pas ? Je te donne un baiser.


[685]
Jésus : Cependant, petit frère, sache bien ceci : tout ce que je demande aux hommes c'est d'avoir les vertus de douceur et d'humilité intérieures, sans les obliger à avoir extérieurement un tempérament doux et humble. Comme je viens de te le dire plus haut, la douceur de caractère et la vertu de douceur sont deux choses bien différentes. La vertu de douceur va donc de pair avec la vertu d'humilité.
Si on manque d'humilité, on manque aussi de douceur ; et sans la douceur, il n'y a pas d'humilité. Par là on peut connaître que si quelqu'un possède la véritable humilité, il possède également la vraie douceur. Pas besoin de regarder la physionomie extérieure pour savoir si tel ou tel individu possède la vraie douceur. Il peut arriver une fois ou l'autre que les deux coïncident, mais une physionomie extérieurement douce n'est que le signe de la douceur de caractère, et non de la vraie vertu de douceur. Jamais ton Père ne juge par l'extérieur, il ne juge que par l'intérieur.


[689-691]
Jésus : Aujourd'hui, tu m'as interrogé sur la pauvreté dont je parle dans l'Évangile, n'est-ce pas ? Bien, je vais t'expliquer cela. Écoute. En m'adressant au jeune homme, pourquoi ne lui ai-je pas dit d'abandonner toutes ses richesses et de me suivre ensuite ? Ce n'est vraiment pas cela que je lui ai dit. Voici ce que je lui ai dit : « Va, vends tes champs, ta maison et tous tes biens, donne tout en aumône aux pauvres, après, viens et suis-moi. »
Petit frère, il faut que tu comprennes que, pour les âmes, ces paroles [690] ne désignent pas tous les biens matériels, mais uniquement les biens spirituels. Par ces paroles, j'ai l'intention de dire aux âmes que si elles veulent me suivre et être vraiment pauvres de cœur, elles doivent consentir à se servir de toutes leurs bonnes oeuvres, et de la part d'héritage que je leur ai réservée, pour les offrir à la Trinité, afin que la Trinité les distribue aux âmes pauvres et misérables. C'est à cette condition qu'elles pourront me suivre.
Petit frère, il faut que tu te rappelles ce texte, n'est-ce pas ? Dans l'Evangile, je ne dis pas : "donnez aux pauvres" je dis seulement : "vendez" et par ce mot "vendez", j'ai l'intention de dire qu'il faut tout offrir à la Trinité, et après avoir tout offert, consentir à tout donner en aumônes aux âmes, sans rien se réserver. Si une âme avait l'intention de se réserver quelque chose, il est certain qu'elle ne pourrait pas me suivre, car tôt ou tard, l'orgueil naîtrait dans son cœur à la vue de ses bonnes oeuvres qu'elle n'aurait pas données entièrement aux âmes. Si, au contraire, elle a tout donné, il ne lui reste plus rien dont elle puisse s'enorgueillir. C'est à cette condition qu'on arrive à se reconnaître vraiment pauvre de cœur, et qu'on accepte avec joie les grâces nécessaires venant de ma main. Car le vrai pauvre ne se plaint jamais de la nourriture qu'on lui donne en aumône...
Après ce que je viens de dire, est-ce que tu comprends suffisamment ? Ce matin, tu ne cessais de faire telle et telle supposition, ne sachant pas à quoi t'en tenir. Petit frère, ces paroles que j'ai adressées au jeune homme, je les ai adressées aussi, dans un sens spirituel, à toutes les âmes.
Marcel : Petit Jésus, alors pourquoi le jeune homme n'a-t-il pas été content des paroles que [691] tu lui as adressées ?
Jésus : Petit frère, il n'y a à cela rien d'étonnant ; en effet, parce que ce jeune homme n'avait pas une foi assez ferme, il a trouvé mes paroles étranges et comme impossibles à mettre en pratique... Vois, Marcel, s'il est déjà si difficile de se dépouiller des biens terrestres, combien plus difficile encore, pour l'homme qui a la foi de se dépouiller des vrais biens célestes. Je n'ai pas l'intention de dire qu'il faille les abandonner en réalité, mais uniquement qu'il faut les donner en aumône. "Donner", ce n'est pas "abandonner" ; et si on abandonne des biens, c'est qu'ils ne sont pas vraiment bons... Quand donc les hommes comprendront-ils cette véritable vertu de pauvreté ? L'heure est passée, petit frère, cela suffit. Va dormir.


[694]
Jésus : Oui, c'est vrai. Aussi, je te donne un baiser. Je t'aime beaucoup. Tout le jour, je te couvre de baisers et je te serre dans mes bras en présence de tout le monde et absolument personne ne s'en aperçoit, car tu es enveloppé de la vraie sagesse... L'heure est passée.


[696]
Thérèse : Marcel, mon cher petit frère, ne te trouble pas. Je pense toujours à la France et je m'occupe d'elle plus que toi. Reste en paix. Ecoute, je vais te dicter une prière que tu réciteras avec moi pendant tout le mois de juin.
« Ô Jésus, daigne agréer la confiance de la France, et faire que cette confiance s'appuie avant tout sur toi-même. »
A Marie : « Ô Mère, apprends à la France à vivre selon la sagesse de l'Amour de Jésus. »


[702]
Marcel : Petit Jésus, daigne mettre ma volonté dans l'âme des enfants du monde entier qui n'ont pas encore été baptisés. Dans cette volonté, je veux poser les actes de foi, d'espérance et d'amour, selon l'intention de la Sainte Eglise. Et si ces enfants meurent avant l'usage de la raison, daigne les accueillir comme étant les enfants particuliers de la Sainte Eglise.
Le 11 août 1946, après la communion, Marcel s'est souvenu de la première formule employée, et il l'a transcrite comme suit :
Marcel : La formule que j'ai récitée la première fois était :
Petit Jésus, je t'offre les enfants qui n'ont pas encore été baptisés. Je veux croire et t'aimer à leur place selon l'intention de la Sainte Eglise, ma Mère. Daigne les reconnaître comme véritables enfants de la Sainte Eglise. Et s'ils viennent à mourir avant l'usage de la raison, conduis-les au Ciel avec toi, afin qu'en union avec les saints, ils puissent t'aimer éternellement, selon la promesse que tu m'as faite.


[720]
Marcel : …en m'appelant ton épouse, et en me permettant de t'appeler l'Epoux de mon âme, certes, tu dois aussi faire en sorte que nous ayons tous les deux un amour égal ; c'est à cette condition qu'il nous sera possible de nous aimer l'un l'autre. N'est-ce pas, petit Jésus ? Ainsi donc, ton Amour infini est également mon Amour infini. Vu que tous les deux nous ne faisons plus qu'un, il n'y a aussi qu'un seul amour qui nous lie tous les deux ensemble.


[721]
Marcel : …quand l'âme aimante prend son amour pour l'unir à ton Amour, elle devient comme ton épouse pour l'éternité.


[729-731] septembre 1946
Marcel : La seule crainte des gens du monde, c'est de perdre leurs biens ; leur seule préoccupation, c'est de n'avoir plus la liberté de se livrer aux jouissances [730] corporelles. Quant à ceux qui depuis longtemps sont victimes de leurs mauvaises habitudes, ils ne veulent dépendre de personne ; ils ne veulent pas qu'on les dérange en s'occupant d'eux ; ils ne veulent pas de la vérité qui les arracherait à leurs habitudes vicieuses. De là qu'ils laissent leur corps se livrer sans frein au libertinage. Et ensuite ils ne savent qu'ouvrir la bouche toute grande pour hurler sans cesse :
Gens du monde : Nous sommes décidés de lutter...
Marcel : Hélas ! Si une bonne fois ils se décidaient à lutter contre leurs mauvaises tendances, comme ils seraient heureux ! Ô Mère, c'est bien malheureux. Ces gens parlent ainsi sans savoir rougir. Ils ne savent pas encore lutter ; ils n'ont même pas la force de lutter contre leur misérable corps, et ils ont l'audace de dire :
Gens du monde : Nous sommes décidés de lutter contre les hommes.
Marcel : En parlant ainsi, je ne sais vraiment pas s'ils savent ce qu'ils disent. Si on leur demandait quelle est leur intention en parlant de la sorte, ils répondraient sans doute, très clairement ; mais si on leur demandait s'ils comprennent ce qu'ils disent, ils seraient évidemment incapables de répondre conformément à la vérité.
Ô Marie, ma Mère, daigne arracher ces âmes aux ténèbres de l'enfer, n'est-ce pas ? Je vais prier pour elles, d'une façon toute particulière, surtout les jours où je dois prier pour la France et pour le Vietnam, ma chère patrie.
Je sais aussi, ô Mère qu'un certain nombre de Vietnamiens gardent dans leur cœur une haine personnelle contre les Français, parce qu'ils ont été autrefois durement opprimés par eux. Cependant, si ces gens-là savaient respecter la vérité et entendre raison, on pourrait quand même les amener à déposer leur haine. S'ils pouvaient comprendre la différence entre la France d'autrefois et celle d'aujourd'hui, il est certain qu'ils ne garderaient pas plus longtemps ces sentiments de haine. [731] Moi-même, je sais bien ce qu'étaient autrefois les Français d'Indochine ; j'ai pu voir en passant la manière dont ils traitaient les Vietnamiens... Mais je sais aussi que maintenant, la France a déjà attiré sur elle la miséricorde de Jésus. Jésus s'est servi de la souffrance pour corriger son pays de France, de sorte qu'actuellement, ce pays est non seulement le pays de France, mais encore le pays que Jésus chérit d'une façon particulière. N'est-ce pas, ô Mère, je comprends maintenant...
Je vais prier pour que la France et le Vietnam soient unis de façon à ne former plus qu'un ensemble. Même quand je serai au ciel, je ne cesserai de rappeler cette affaire au petit Jésus afin que sa volonté se réalise...


[757]
Marcel : L'Esprit-Saint est à la fois infiniment rusé et infiniment simple, et c'est pour cette raison qu'on l'appelle la Sagesse infinie. De là qu'une âme en qui habite l'Esprit-Saint peut très difficilement être trompée par le démon, car la Sagesse infinie fera connaître à cette âme la fourberie du démon.

Marcel Van et Thérèse de Lisieux

 
 
Sacré Coeur - Témoins de l'Amour et de l'Espérance
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